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Depuis 2001, la prévalence au VIH-SIDA est passée de 4,1% à 2,8% au Sud-Kivu

« Depuis 2001, la prévalence au VIH-SIDA est passée de 4,1% à 2,8% au Sud-Kivu »

Interview avec M Kilimalima Ngwasi, Coordonateur du Programme National Multisectoriel de lutte contre le sida


Monsieur le Coordonnateur, quelle est la situation globale du VIH/SIDA dans la province du Su

Actuellement, la prévalence du VIH/SIDA dans la province est de 2,8%. On peut donc trouver des variations de prévalences selon des études spécifiques qui ciblent un groupe social donné. Quant à l’évolution de l’épidémie depuis 2001, la prévalence est passée de 4,1% à 2,8%. On constate vraisemblablement qu’il y a une stabilisation par rapport à l’évolution de l’infection. Ceci est principalement dû aux différents efforts, notamment la création depuis 2004 du PNMLS qui a apporté à la lutte contre le VIH/SIDA en impliquant tous les secteurs de la vie nationale et en privilégiant la synergie et la complémentarité.

Et comment se fait la prise en charge ?

Généralement la prise en charge repose sur trois piliers :

Premièrement la prise en charge médicale par l’administration des ARV (Antirétroviraux) aux personnes vivant avec le VIH/SIDA (PVV) éligibles au traitement antirétroviral. Il convient de préciser que les ARV sont disponibles au Sud-Kivu et administrés gratuitement aux PVV. Cependant, le taux de couverture en traitement antirétroviral avoisine 12%. C’est encore insuffisant au regard des besoins, mais il y a lieu de reconnaître les efforts consentis autant par les partenaires que les prestataires de santé pour y arriver.

Deuxièmement, l’accompagnement psychosocial est un pilier important impliquant les organisations de la société civile, les ONG internationales et les confessions religieuses.

Et enfin l’appui nutritionnel décidé dans certains cas des PVV en début de traitement, les nourrissons et certaines familles identifiées comme vulnérables à la suite de la présence dans la famille des cas des PVV. L’apport des partenaires, notamment le PAM est considérable, mais les besoins restent énormes.

Il est important de préciser que l’approche de prise en charge holistique (soins globaux) rapprochant la sensibilisation, les soins, le traitement et le soutien psychosocial est de plus en plus prônée pour une prise en charge adéquate, en raison de plusieurs facettes que présente le VIH/SIDA

Quelles sont les difficultés majeures que vous éprouvez dans vos activités ?

La difficulté relative à la coordination des partenaires est le non alignement de ces derniers. Certains partenaires exécutent des projets en dehors du plan global développé par le PNMLS. La difficulté d’alignement n’est pas seulement financier mais aussi et surtout technique, ce qui ne facilite pas le suivi et l’évaluation des activités menées par les partenaires. Mais la grande difficulté reste la réduction drastique des financements extérieurs dans la lutte contre le VIH/SIDA, et cette situation risque de s’empirer avec l’arrivée à terme et le gel de certains financements en cours. Une troisième difficulté qui s’inscrit dans la lignée de la seconde, est la forte dépendance aux financements extérieurs dans la lutte contre le SIDA, alors que le fonds principal devrait venir du gouvernement aussi bien central que provincial. L’absence des équipements suffisants pour le suivi biologique des cas et pour le diagnostic précoce reste également à déplorer D’autres difficultés observées le plus souvent sont les ruptures fréquentes en médicaments, tests et autres réactifs, ainsi que les commodités, avec toutes les conséquences y relatives, notamment la résistance et la non adhérence aux traitements du fait de leur interruption intempestive.

 

Il y a-t-il des opportunités qui s’offrent à votre institution pour faire face à ces difficultés ?

Quelques opportunités s’offrent cependant à travers des apports diversifiés dans le cadre de l’appui à la coordination multisectorielle, cas de l’UNICEF essentiellement. Il y a la présence des partenaires nationaux et internationaux comme CORDAID/BDOM (Catholic Organisation for Relief and Development/Bureau diocésain des oeuvres médicales), ASF/PSI (Association de santé familiale/Population Service International), UCOP+ (Union congolaise des personnes vivant avec le VIH/SIDA), PROVIC (Programme de VIH/SIDA intégré au Congo), UNFPA (Fonds des Nations Unies pour la population) qui fait la distribution gratuite des préservatifs.

Quelles sont vos contraintes et défis ?

Les contraintes sont de plusieurs ordres mais particulièrement sécuritaires dans les Zones de santé du sud et de l’ouest dans la province, entraînant une forte concentration d’acteurs dans les zones urbaines, plus sécurisées et par conséquent privant la population de ces contrées des bénéfices des interventions des partenaires. Quant aux défis, aujourd’hui on parle de plus en plus de « l’objectif zéro » d’ici 2015. Pour y arriver, il est indispensable qu’il y ait une coordination efficace des interventions par l’alignement des partenaires au plan stratégique national de lutte contre le VIH/SIDA; le renforcement de la mobilisation des ressources interne d’abord; ainsi que le renforcement du leadership du PNMLS en sa qualité de structure de coordination de lutte contre le VIH/SIDA. Mais ce renforcement dépend du gouvernement qui doit garantir l’application des textes légaux en la matière.

Pour le PNMLS, quelles sont les perspectives d’avenir ?

Depuis 2010, nous avons doté la RDC d’un Plan national multisectoriel de lutte contre le SIDA et d’un plan opérationnel triennal 2011-2013. Mais la mise en oeuvre de ce plan n’est possible qu’une fois qu’un partenariat gouvernemental mobilise les ressources nécessaires pour la matérialisation de ce plan. Nos perspectives sont donc de chercher des moyens pour la matérialisation de ce plan opérationnel.

Avez-vous autre chose à ajouter ?

J’aimerai rappeler que le 1er décembre de chaque année se célèbre la Journée mondiale de lutte contre le SIDA. Pour cette année, le thème est « Objectif zéro : nouvelle infection au VIH et SIDA, zéro discrimination au VIH et SIDA, zéro décès lié au SIDA ». A travers ce thème, un appel est fait aux individus, aux dirigeants politiques, aux communautés sur leurs engagements pris et à prendre pour lutter efficacement contre la pandémie du SIDA. A l’égard des dirigeants politiques, ces engagements devraient notamment se traduire par la mobilisation locale des ressources nécessaires pour lutter contre le VIH et le SIDA. Au niveau individuel, toute personne devrait adopter un comportement responsable en accédant au dépistage. Ceci permettra au séronégatif de le demeurer le plus longtemps possible, et au séropositif de commencer une prise en charge précoce. Plus tôt on commence la prise en charge, moins on a des complications et plus efficace est le traitement.

 

Données de base (situation épidémiologique) 2011

Prévalence

2,8%

Taux estimé de PVV sous ARV

12%

Nombre estimé de PVV

150 451

PVV sous ARV (au 3ème trimestre 2011)

3 453

NB : Les indicateurs de performance seront disponibles à la fin de l’année 2011 après réception de tous les rapports

 

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Tél: +243 (0)99 861 11 74

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